5 octobre 2021 · Par Darius Stan
Le café en Chine

La relation de la Chine avec le café est assez complexe, et vous comprendrez dans un instant pourquoi nous disons cela. Tout d’abord, il faut savoir que les Chinois ne sont pas vraiment de grands amateurs de café, puisqu’ils en consomment en moyenne à peine une tasse par an. Malgré cela, le pays est considéré comme un marché émergent du café. Vous êtes déjà perplexe ? Nous aussi, nous l’avons été. Mais rassurez-vous, tout s’explique, et vous trouverez ici toutes les réponses. Alors, si nous avons éveillé votre intérêt et que vous souhaitez en savoir plus sur la culture du café en Chine, vous êtes au bon endroit !
La production
En Chine, la production a commencé à très petite échelle, à la fin du XIXe siècle. Elle a ensuite progressé régulièrement jusqu’aux années 1960, avant de connaître un petit essor dans les années 1980. À cette époque, la Chine a commencé à recevoir une aide extérieure : l’ONU et une entreprise multinationale de torréfaction ont uni leurs fonds à ceux du gouvernement chinois pour permettre à l’infrastructure de plantation et de transformation de continuer à se développer. Depuis, la Chine a fait des bonds en avant en matière de quantité et de qualité, et rien n’indique que cette progression ralentira de sitôt. Vers 2018, elle a intégré le top 20 des pays producteurs en volume et commencé à se faire une place sur le marché mondial du café de spécialité.
Les plantations se trouvent dans l’ouest du Yunnan, à des altitudes comprises entre 900 et 1 750 mètres, dans les régions de Pu’er, Baoshan, Dehong et Menglian. La variété la plus cultivée y est le Catimor, mais les acteurs du secteur s’emploient constamment à mettre en avant des variétés originales.
Le Catimor est un petit plant très résistant aux maladies et extrêmement productif. Il a été créé pour la première fois au Brésil dans les années 1970, puis s’est rapidement répandu dans le monde entier. Il produit des grains de Robusta, dont la qualité est controversée parmi les spécialistes du café. Il faut toutefois tenir compte d’un élément essentiel : ce plant dépend fortement de l’altitude. Ainsi, s’il est cultivé en plaine, sa qualité ne sera effectivement pas très élevée. Mais cultivé en altitude, comme c’est le cas dans l’ouest du Yunnan, il donne un café à l’acidité vive et à la finale douce, avec des saveurs de sucre roux, de vanille, de fraise, d’épices et de nectarine. Ça donne envie !
Le marché
Du point de vue économique, le marché chinois du café présente un fort potentiel. En effet, même si la consommation de café reste faible pour l’instant, elle augmente de 30 % chaque année, ce qui est considérable par rapport à la croissance annuelle de seulement 2 % enregistrée ailleurs. Cela laisse présager de belles perspectives.
À l’origine, la Chine est un pays consommateur de thé, comme le montrent clairement les statistiques : elle représente environ 40 % de la consommation mondiale de thé. C’est impressionnant, n’est-ce pas ? Dans ce contexte, il n’est pas vraiment surprenant que, jusqu’aux années 1980, le café ait été considéré comme un cadeau coûteux. Le tournant a eu lieu en 1999, avec l’ouverture du premier Starbucks à Pékin, mais le café était encore jugé trop cher et n’a donc pas suscité beaucoup d’intérêt. Les premiers consommateurs de café, encore peu nombreux, buvaient surtout du café instantané, et ce jusqu’en 2012. C’est alors que les gens ont finalement décidé d’explorer le monde du café moulu et des cafés. Starbucks a donc aussi commencé à connaître le succès et ouvre actuellement un nouvel établissement en Chine toutes les 15 heures.
Comment ce changement presque instantané s’est-il produit ? La réponse tient probablement à la nouvelle génération, plus jeune, qui voyage davantage et dispose de revenus plus élevés, ce qui lui permet de s’offrir le Starbucks, d’abord jugé « cher », ou d’autres cafés de qualité supérieure, eux aussi coûteux. Comme les jeunes voyagent surtout pour leurs études, ils ont tendance à s’habituer aux modes de vie occidentaux, qui incluent une consommation de café presque quotidienne.
En conclusion, même si elle semble avoir un peu de retard, la Chine souhaite intégrer rapidement le marché mondial du café et y être compétitive. Le pays offre une belle occasion aux personnes et aux entreprises qui souhaitent se faire un nom, mais il faut garder à l’esprit que ce n’est pas aussi facile qu’il y paraît. Pour réussir en Chine, il faut s’adapter à la langue et aux habitudes du pays, étroitement liées à sa culture, à laquelle les Chinois ne sont pas prêts à renoncer au profit de nouvelles idées commerciales. Alors, si vous envisagez de tenter votre chance sur le marché chinois, lancez-vous ! Mais n’oubliez pas de respecter sa spécificité chinoise.